Le texte de la dictée de la Journée de la Femme, Belfort, 12 mars 2016

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Le texte de la dictée de la Journée de la Femme, Belfort, 12 mars 2016

Message  Perceval le Jeu 17 Mar 2016 - 22:16

Montreuses d’ours
 

On connaissait la révolte, sanglante, des sans-culottes ; voici celle, sanguinolente, des petites culottes ! Les Femen, ce groupe de contestation féministe qui n’avait pas hésité, soutifs au rancart, à remonter les bretelles à quelques gros bonnets, ont fait des émules : il y a quelques mois, un nouveau collectif se réclamant de l’esprit de George Sand a fait irruption, sans tortiller du popotin, dans la Chambre (chambre) des députés en brandissant des slips dont l’entrejambe était maculé de pourpre foncé(e). C’est que ces nouvelles Amazones (amazones) quelque peu culottées s’étaient donné pour mission d’obtenir la baisse de la taxe sur le tampon hygiénique. Une tâche haute en couleur qui, loin de rester intime, fit la une de tous les périodiques…                      
[Fin de la dictée pour les juniors.]
 
 
Au début, les gouvernants eux-mêmes s’en étaient tamponné le coquillard : la nation, quasi exsangue, pouvait-elle s’infliger une balafre supplémentaire dans ses finances ? Le secrétaire d’État au Budget avait d’ailleurs affirmé que cette affaire de serviette(s) serait vite pliée. Ces propos-là, pas piqués des vers, hérissèrent le poil du sexe dit faible au point que ses séides les plus déterminés virèrent au rouge comme autant de coquelicots frais éclos. Déjà indisposées qu’elles en vinssent à se saigner aux quatre veines pour se procurer leurs protections chaque mois synodique, ces nanas se voyaient prises aussi pour des rats gnangnan(s) ! Comme un seul homme, elles expédièrent des strings teintés de kermès au Premier ministre. Dès lors, les députés se montrèrent plus coulants, et la loi passa, quoique au forceps. Nolens volens, la question sur le tampon fut réglée.
 [Fin de la dictée pour les amateurs.]

Il est heureux que l’on bénéficie déjà d’une TVA (T.V.A.) réduite sur les dictionnaires. Eût-ce été différent qu’on aurait pu s’attendre à ce qu’une frange de la gent féminine, pour protester contre le prix devenu excessif desdits ouvrages, pratiquât un effeuillage devant les immortels, leur dévoilant ainsi une sublime académie ! Mais les dicos sont incontestablement des produits de première nécessité. En effet, sans y avoir recours, lesquelles de ces dames ne perdraient pas leur sang-froid si on leur demandait la graphie d’érythrocyte ? L’épellation de la lexie menstrues coule-t-elle de source pour toutes ? Et, quand bien même l’apyrexie, comme son nom l’indique, ne leur occasionnerait aucune bouffée de chaleur, dussent-elles écrire dysménorrhée qu’elles se feraient sûrement un sang d’encre…
© 2016 Philippe Dessouliers    
Texte révisé par Paul Levart et Daniel Malot



Les ouvrages de référence sont : pour l’orthographe et la prononciation, le Petit Larousse illustré 2016 et le Petit Robert 2016 ; pour la grammaire, le Dictionnaire des difficultés de la langue française par Adolphe V. Thomas (Larousse) ; pour l’orthotypographie, La majuscule, c’est capital par J.-P. Colignon (Albin Michel).
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